Milton Hyland Erickson

Milton Hyland Erickson, né le 5 décembre 1901 à Aurum (Nevada) et mort le 20 mars 1980 à Phoenix (Arizona), est un psychiatre et psychologue américain qui a joué un rôle essentiel dans le renouvellement de l’hypnose clinique et a consacré de nombreux travaux à l’hypnose thérapeutique.

Erickson était un enfant daltonien, dyslexique, et qui avait de la difficulté à reconnaître les sons. Il contracta une grave poliomyélite à l’âge de 17 ans. Complètement paralysé, il ne pouvait que parler et bouger les yeux. Il  fut soigné par une infirmière qui préconisait des enveloppements chauds, des massages et la mobilisation des membres paralysés, avec la participation du patient. Cela jouera un rôle, en décidant Erickson à essayer de surmonter par lui-même son handicap.

C’est ainsi qu’il avait crée une méthode de concentration mentale sur un mouvement minimal, recommençant sans cesse mentalement le même mouvement. Et, à mesure que les forces revenaient, il profita de toutes les occasions pour faire fonctionner un nombre croissant de muscles. Il apprit à marcher avec des béquilles, puis à conserver son équilibre sur une bicyclette. Enfin, en dépit de son handicap physique, il fit tout seul une randonnée en canoë  qui dura tout un été, avant d’entreprendre ses études de médecine.  Il devient psychiatre, en 1920 à l’université du Wisconsin sous la direction d’un chirurgien peu convaincu de cette nouvelle discipline. À la fin de ses études, il exerça pendant un an la fonction d’interne en médecine dans un hôpital psychiatrique.

Dés 1923 il s’intéressa à l’hypnose. Il se détacha très vite des conceptions rigides de ses maîtres et se lança dans des recherches personnelles. Il fit preuve d’une créativité exceptionnelle qui lui permit de faire de nombreuses découvertes sur l’esprit humain et sur l’inconscient. Cela lui permit de mettre au point une approche globale de la psychothérapie.

Au début de sa carrière, ses méthodes non orthodoxes lui valurent l’hostilité de ses confrères. Il dut même passer devant une commission qui devait décider de son exclusion du corps médical. Heureusement, en communicateur virtuose qu’il était, il réussit à les convaincre de ne rien faire.

Erickson publia de nombreux articles, la plupart traitant de l’hypnose. Il voyagea beaucoup aux États-Unis et un peu à l’étranger pour animer des conférences sur l’hypnose.

Sa maîtrise de l’hypnose était extraordinaire, et ses démonstrations étaient souvent incroyables. Par exemple, il lui est arrivé de mettre en transe et de faire venir sur scène deux femmes de l’assistance, qu’il ne connaissait absolument pas, sans jamais s’adresser à elles directement, devant tout le monde et sans que personne ne se rende compte de ce qu’il était en train de faire ! Ou bien, une autre fois, au Mexique, il mit en transe une personne qui ne parlait pas l’anglais, sans prononcer une parole, simplement avec des gestes !

Ses résultats en psychothérapie étaient eux aussi incroyables. Il obtenait des résultats là où tous les autres thérapeutes avaient abandonné. Des patients “impossibles” venaient de tous les Etats Unis pour se faire soigner par lui. Plusieurs livres ont été écrits sur ses techniques thérapeutiques extraordinaires.

Les travaux d’Erickson furent accessibles au plus grand nombre grâce à un premier ouvrage de Jay Haley, “Un thérapeute hors du commun: Milton Erickson”, datant de 1973. Puis de nombreux thérapeutes virent le voir pour recevoir son enseignement. Il eut une influence capitale sur les nouveaux courants de la psychothérapie: Thérapie systémique, thérapie stratégique, thérapie orientée solution, PNL….

Erickson n’était pas un théoricien, il ne développa aucune théorie. Tout son enseignement était axé sur des résultats pratiques. Il croyait profondément que toute théorie formelle de la personnalité ne pouvait que limiter le psychothérapeute et le rendre plus rigide. Il ne s’est jamais présenté comme le chef de file d’un mouvement ou d’une secte. Il n’avait aucune envie de fonder une école de psychothérapie.

Son approche innovante en psychothérapie repose sur la conviction que le patient possède en lui les ressources pour répondre de manière appropriée aux situations qu’il rencontre : il s’agit par conséquent d’utiliser ses compétences et ses possibilités d’adaptation personnelles.